Aménager son fourgon seul.e – Célia

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Cet article résume la conférence de Célia, qui a aménagé son fourgon seule. C’est une vraie petite maison sur roues, une vraie Tiny House faite de tôle ! On a complètement flashé sur son aménagement, et on se dit qu’elle a eu bien raison de se lancer !! On laisse la parole à Célia, pour qu’elle nous en dise un peu plus sur cette aventure extraordinaire. Pour suivre ses aventures, vous pouvez sur Facebook et sur Instagram

Comment tout a commencé

« Il y a forcément un homme derrière tout ça. »

Voici une des remarques que j’ai pu entendre en réaction à mon projet. Je m’appelle Célia, j’ai 27 ans, et j’ai décidé d’aménager un utilitaire en petite maison nomade pour y vivre à plein temps… sans homme derrière tout ça.

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Pour comprendre un peu comment j’en suis arrivée à ce projet, il faut revenir 4 ans en arrière, lorsque j’ai découvert à la fin de mes études l’univers des tiny houses, ces micro-maisons sur remorques venues des États-Unis. À cette époque, les tiny houses représentent tout ce que je recherche dans un habitat :

  • la mobilité, pour poser mes valises et profiter du confort d’un chez moi tout en pouvant changer d’air et de paysage quand l’envie se fait sentir
  • le minimalisme, pour réduire le nombre de mes possessions comme mon empreinte écologique et profiter davantage de la nature
  • la choupitude, car une tiny c’est petit, c’est cosy, c’est choupi, ça sent bon le bois, la convivialité et les soirées lecture au coin du feu

Un an après cette découverte, j’estime qu’il est temps d’arrêter de passer des heures et des heures à rêver devant les tiny houses qui peuplent la toile, et d’entrer dans le concret. Je passe donc trois semaines sur un chantier participatif chez Jonathan, connu sur YouTube sous le pseudo Tiny House Livingston. De fil en aiguille, je fais diverses rencontres qui mènent d’une part à la création d’une asso dédiée aux tiny houses, Collectif Tiny House, et, d’autre part, à la réalisation de photos pour le premier livre français sur le sujet : Tiny House, le nid qui voyage, d’Yvan Saint-Jours et Bruno Thiéry. Vous comprendrez plus tard pourquoi ces deux détails ont leur importance.

Le temps passe, je rejoins Paris à contre-cœur pour entamer une première expérience professionnelle dans mon domaine d’études et un constat s’impose peu à peu à moi : les tiny houses peuvent se déplacer, certes, mais elles ne peuvent pas être qualifiées d’habitats mobiles au même titre qu’une caravane ou qu’un camping-car ; de plus, leur autoconstruction est un projet d’envergure, pas si accessible que ça aux bricoleurs et bricoleuses débutants comme moi. Alors que je considérais le camion comme un habitat trop extrême, voilà que je change d’avis et me lance à la recherche du fourgon idéal. Après tout, il réunit aussi les qualités que je recherche. En plus rudimentaire, ok, mais aussi en plus accessible, et en moins cher. C’est ainsi que je fais l’acquisition de mon Ford Transit L3H2 de 2008 auprès d’une entreprise de maçonnerie. C’était il y a un an, à la fin du mois de mars 2018.

Au moment de commencer réellement les travaux d’aménagement en septembre de la même année, j’avais en tête diverses idées, exigences ou défis vis-à-vis de la mise en œuvre ou du résultat final. Plutôt que de vous raconter mon aménagement de A à Z, ou de m’attarder sur les aspects techniques, je vous propose de passer en revue ces différents points, puis d’examiner ce que j’ai réussi, ce qui m’a posé problème, mais aussi les leçons que j’en ai tirés et qui, peut-être, vous inspireront ou vous parleront. (Rassurez-vous, vous aurez tout le loisir de poser des questions après mon intervention ou au moment de visiter le camion.)

L’esthétique, une « tiny house » à mon image

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Pour vivre à plein temps à moyen et long terme dans un camion sans le vivre comme une contrainte, je voulais m’approprier l’espace et m’y sentir à l’aise, m’y sentir en fait plus dans une maison que dans un véhicule, en camouflant le métal par exemple. Le but était donc de coller le plus possible à l’esthétique d’une petite maison, a fortiori d’une tiny house, tout en conservant un aménagement fonctionnel, adapté à la route et homologable en VASP autocaravane.  En pratique, j’ai adapté cette idée de diverses manières :

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Par exemple, en guise du coin chambre situé en mezzanine dans une tiny house, j’ai opté non pas pour un lit peigne ou une banquette modulable, mais pour un lit surélevé, fixe, de 120 cm de large en travers du camion. De cette manière, j’optimise les rangements sous le lit tout en conservant un maximum d’espace de vie. C’est l’avantage d’être seule : je fais 1m65, le lit aussi et ça ne pose aucun problème. Pour dormir sur le ventre, je me mets tout simplement en diagonale.

Les tiny houses sont des maisons en bois, souvent lambrissées à l’intérieur. Je savais donc dès le départ que je voulais poser du lambris aux murs et au plafond. De manière générale, je recherchais l’aspect du bois massif. Pour mes meubles, j’ai donc surtout utilisé des tablettes de pin et du bois de récup.

Malgré leur petite taille, les tiny houses donnent une impression d’espace grâce à la hauteur sous plafond. Pour moi, c’était plus que limité de ce point de vue : avec le sol et le plafond, je peux me tenir debout dans le camion, mais tout juste ! Pour éviter de me sentir oppressée, j’ai troqué les traditionnels placards en hauteur des vans contre une colonne de rangement, ainsi que de petites étagères ouvertes. J’ai également utilisé des caisses de vin qui m’ont servie de rangements modulables tout au long de ma vie.

Les étapes un peu moins faciles

Qui dit tiny house dit aussi envie de poêle à bois, mais j’avoue avoir fait une croix dessus dès le début, pour pouvoir faire homologuer le camion. Pour le chauffage, je ferai installer un chauffage diesel, malgré le prix élevé, car je voulais aussi me donner la possibilité d’échapper à l’homologation.

La maison de mes rêves est aussi une maison lumineuse. Je ne supporte pas de vivre dans la pénombre. C’est pour ça que les fenêtres faisaient partie de mes critères d’achat pour le véhicule. A l’origine, je voulais une fenêtre sur la porte latérale et deux fenêtres sur les portes arrière, mais avec le recul, je trouve que l’absence de fenêtres à l’arrière justement permet d’avoir un coin chambre mieux isolé, avec plus d’intimité. Malgré tout, pour compenser le manque de luminosité à l’arrière (et juste parce que c’est cool), j’ai voulu installer un second lanterneau au-dessus du lit, en plus du lanterneau à ventilo que je comptais placer au niveau du coin cuisine. Bien m’en a pris, c’est là que les vrais problèmes ont commencé. A ce jour, j’ai toujours des soucis d’étanchéité avec mes lanterneaux. Je me dis maintenant que j’aurais dû faire appel à un pro pour cette étape, car installer un lanterneau coûte de toute façon moins cher que le faire réparer en cas de problème. Regarder un tuto vidéo et faire la chose en vrai, ce n’est pas pareil ! Je savais exactement ce que j’avais à faire pour la pose, mais parfois on a beau faire de son mieux, ça ne suffit pas. Aujourd’hui je m’en mords les doigts et je n’ai plus qu’à faire avec… C’est pour moi le plus gros échec des travaux.

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Malgré cela, mon camion se rapproche finalement beaucoup de la tiny house, pas seulement sur le plan esthétique, mais aussi parce que c’est une maison conçue sur mesure, à mon image si l’on peut dire. Elle est adaptée à moi : à mes mensurations, à mes envies, à mon utilisation. En ce sens, j’ai vécu ce projet en solitaire comme une forme de liberté, d’émancipation. Je n’avais aucun compte à rendre à personne, aucun compromis à passer. En fait, mes seules véritables contraintes (pas des moindres !) étaient le temps, l’argent, mes compétences en bricolage et celles que je m’imposais moi-même.

Et justement, parmi ces contraintes, plusieurs étaient issues d’une certaine conscience éthique.

L’éthique : en cohérence avec mes principes ?

Pour ce qui est de l’écologie par exemple : à l’origine, je voulais utiliser au moins en partie une isolation de type laine végétale, comme la laine de chanvre ou au minimum de l’isolant à base de plastique recyclé. On sait tous qu’isoler un camion a des résultats limités, mais on est tout de même nombreux à se prendre la tête sur cette question. Je n’ai clairement pas fait exception à la règle. Polystyrène extrudé ou expansé ? Armaflex, oui mais quelle épaisseur ? Liège projeté ou plaques de liège ? Laine de chanvre + frein vapeur ou isolant multicouche ? Etc, etc. Comme vous peut-être, j’ai passé des heures sur la question, mais craignant trop les problèmes d’humidité avec les laines végétales, je me dirige finalement vers un matériau… introuvable en France, ce qui m’oblige à revoir ma copie. Au bout d’un certain temps j’en avais tellement marre que je suis partie sur du multicouche au dernier moment, en pensant que ce serait plus rapide à poser. Aujourd’hui je ris de ma naïveté, car c’est l’une des étapes qui m’a pris le plus de temps, et j’aurais bien eu du mal à poser le multicouche toute seule. Je ne le recommande donc pas particulièrement. Mais dans ce cas, qu’en est-il de l’écologie ? Que ce soit le polystyrène extrudé 2 cm au sol, l’Aeroflex 18 mm au plafond ou le multicouche aux murs, rien n’est écologique côté isolation… On peut en effet considérer ça comme un échec. Je me console en me disant que, de toute manière, il s’agit de quantités infimes en comparaison d’une maison traditionnelle ou du domaine de l’industrie. Si vous avez envie de me répondre qu’il s’agit d’une excuse, vous auriez peut-être raison, mais je pense que le manque de retours concrets a pas mal joué. Sur Internet, on finit vraiment par s’y perdre… Le point positif en revanche, c’est que j’avais plutôt bien calculé mes besoins, ce qui m’a au moins permis de limiter le gaspillage ainsi que le temps et l’énergie perdus à la revente des excédents.

Des efforts, j’ai réussi à en faire sur d’autres domaines, notamment sur la récup’, que ce soit au niveau des matériaux ou des équipements. J’ai bien évidemment essayé d’utiliser mes propres chutes de bois au maximum, pour ne pas acheter du bois neuf à outrance. Mais au-delà de ça, j’ai récupéré pas mal de matériel sur Leboncoin, en brocante ou dans divers centres Emmaüs et associations similaires. J’ai ainsi largement économisé sur mon lino, les lattes de mon lit et de ma banquette, ma pompe à pied, mon évier, mon réchaud, une partie du bois de ma cuisine, le bois de palette récupéré à la déchetterie, la petite étagère dans la cuisine et dans la chambre, mes bocaux et j’en passe. J’ai aussi utilisé des affaires que j’avais déjà, comme les caisses de vin dont je parlais précédemment, ou encore le tissu blanc utilisé pour mes rideaux. Et enfin des proches m’ont donné certaines choses, comme les matelas de mon lit et de ma banquette. La récup’, c’est génial, car ça regroupe finalement quatre idées :

  • 1) la question écologique, puisqu’acheter du seconde main est une attitude écoresponsable ;
  • 2) la question éthique, car je fais une bonne action en donnant de l’argent à des associations plutôt qu’à des grandes chaînes de déco d’intérieur par exemple ;
  • 3) la question esthétique : qu’on aime ou pas, mon intérieur est unique et il a de la personnalité ;
  •  4) et enfin la question économique : les sous que j’ai pu économiser là-dessus m’ont permis de minimiser l’impact du dépassement de budget dans d’autres domaines, comme l’électricité par exemple.

Bien sûr, la récup’ n’a pas que des bons côtés. Parmi les inconvénients, on peut évidemment citer le temps que ça demande : fouiner sur leboncoin régulièrement pour trouver la perle rare, prendre la voiture pour aller récupérer son dû, se rendre à Emmaüs aux jours d’ouverture dans l’espoir d’y trouver ce dont on a besoin, mais aussi s’adapter à des matériaux récupérés qui sont parfois endommagés ou difficiles à travailler. Un autre inconvénient, c’est que comme on se dit que ça revient peu cher, on peut avoir tendance à acheter trop de choses dans l’espoir que ça servira, ce qui amoindrit l’intérêt de la récup’. Alors évidemment, quand je me prends la tête à recycler des fonds de porte en bois comme cloison derrière le siège conducteur, c’est autant de temps que j’aurais pu consacrer à autre chose, mais j’estime que le jeu en vaut vraiment la chandelle. En tout cas, c’est un des aspects qui m’ont le plus amusé pendant l’aménagement.

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Par contre, ce serait vous mentir que de dire que ces travaux ont été une longue partie de plaisir. La vérité, c’est que je me trouvais un peu au cœur d’un paradoxe : je ne suis pas une personne manuelle de nature, ni une bricoleuse expérimentée et passionnée. Pourtant je voulais construire cet aménagement de mes mains, un peu à la manière des autoconstructeurs de tiny houses dont j’avais suivi les progrès pendant 2 ans avant de me lancer dans mon propre projet.

Parlons-en justement, comment ai-je trouvé la force de me lancer seule ? Et comment suis-je venue à bout des travaux ?

Autonomie : tout seul or not tout seul, that is the question

La première chose que j’ai faite, en février 2018 donc avant même l’achat du camion, c’est assister à un week-end de formation chez Lucas David, qui dirige LD Camp, une entreprise d’aménagement de vans située dans le Morbihan.

LD Camp

Comme Lucas fait partie des premiers habitants de tiny house en France, c’est lors de mon reportage photo pour le livre sur les tiny houses que j’ai été amenée à le rencontrer, sans me douter à l’époque que je finirai par aménager mon propre camion deux ans plus tard ! Cette formation, qui se déroule une fois par mois, m’a permis de rencontrer d’autres personnes avec des projets similaires, mais surtout d’acquérir les bases de ce qu’il faut savoir en matière d’aménagement : l’électricité, le gaz, l’isolation, la pose d’aérations permanentes, le placage en CP, la technique de tablettage, en bref toutes les techniques que Lucas utilise lui-même lorsqu’il réalise des aménagements, plus une partie sur l’homologation VASP, et un peu de travaux pratiques. Dans mon cas, le rendu souhaité s’éloignait pas mal de son style, c’est donc pour ça que j’ai suivi des méthodes différentes à de nombreuses occasions. Mais cette formation m’a vraiment servi de fondation et de repère. Je pense que c’est en partie grâce à ça que j’ai rassemblé la confiance et le courage nécessaires pour sauter le premier pas que représente l’achat du camion.

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En effet, comme moi, vous avez trouvé ou vous trouvez peut-être cette première étape intimidante, car elle amorce le début de toutes les autres. À ce moment-là, fini Pinterest, c’est dans la vraie vie que ça se passe ! Et c’est du taf, beaucoup, beaucoup de taf… Et de l’investissement, beaucoup, beaucoup d’investissement. Et de l’énergie, beaucoup, beaucoup d’énergie. Et de la ténacité, beaucoup b… Bref, vous avez compris. C’est d’autant plus vrai quand on mène sa barque en solitaire. Pendant toute la durée de l’aménagement, il faut déterminer où vivre, où stocker ses affaires en attendant de les mettre dans le van, où bricoler, avec quels appareils, comment subvenir à ses besoins, aux dépenses liées aux travaux, comment procéder à chaque étape, dans quel ordre, quoi acheter, où, en quelle quantité. Ça fait beaucoup de questions pour un seul cerveau, beaucoup d’enjeux pour deux épaules. Croyez-moi, je me suis demandée plusieurs fois dans quoi je m’étais embarquée. J’ai fait face à l’abattement, à l’épuisement. Mais j’ai tenu bon…

Et si j’ai tenu bon durant tout ce temps alors que je pensais avoir fini beaucoup plus rapidement, si j’ai tenu bon, c’est parce que… surprise : en réalité, je n’étais PAS seule. Bien sûr, il n’y a pas d’« homme derrière tout ça » au sens où la personne l’entendait. Ce projet, c’est le mien. J’ai passé des heures à faire des recherches, à concevoir cet aménagement, à arpenter les rayons des enseignes de bricolage, à le créer de mes mains. Mais à chaque étape charnière du projet, un proche, un ami, un inconnu était là pour me prêter main forte et j’ai pour ces gens une immense gratitude. J’en oublie, mais il y a notamment :

  • Mes grands-parents, qui m’ont hébergée une grande partie de l’été après que j’ai démissionné de mon CDI et qui m’ont généreusement offert la révision du camion après l’achat.
  • Mon père, qui m’a aidée par téléphone après un accrochage dans la nuit.
  • Ma mère, qui m’a soutenue et encouragée comme personne et qui a bien voulu stocker mes affaires dans son bureau pendant plusieurs mois,
  • Ma tante, qui m’a loué sa maison pour des clopinettes pendant l’automne, qui m’a fait don de diverses affaires et qui m’a présenté à un ébéniste,
  • Laurent, l’ébéniste en question qui m’a accueillie dans son atelier gratuitement et m’a aidé et conseillé plusieurs fois sans même que je le demande,
  • Emeline aussi, à qui j’ai délégué la confection de mes rideaux par manque de temps et de savoir-faire
  • Il y aussi Julien, luthier guitare de son état. Julien, je l’ai rencontré via l’asso Collectif Tiny House que nous avons fondée ensemble avec d’autres. Au moment où je faisais la formation avec Lucas, il m’a gentiment proposé de venir aménager le camion chez lui, dans sa coloc. En septembre dernier, j’ai donc embarqué pour la Bretagne, où j’ai commencé le gros œuvre avec son aide pendant 2 semaines. Il m’a aidé pour la fameuse pose du multicouche, il m’a dégauchi-raboté des bastaings pour en faire des tasseaux, il m’a lar-ge-ment aidée quand j’étais en panique avec mes lanterneaux. Puis, quand j’ai rejoint la coloc pour l’hiver après qu’une chambre s’était libérée dans la maison, il m’a prêté une partie de ses outils, m’a laissée utiliser certaines machines dans lesquelles il a investi des sommes considérables, répondu à certaines questions que je me posais au fur et à mesure de l’avancement, donné un petit coup de rabot par ci, un conseil par là. Pareil pour Karel, son coloc coutelier. Bref, sans eux, le camion serait sans aucun doute moins abouti. J’en profite pour vous inviter à jeter un œil à leur travail, car en plus d’être bricoleurs passionnés, ce sont vraiment des artisans de qualité.
  • Enfin, tout récemment encore, j’ai rencontré Loïc, qui a fait la même formation que moi chez Lucas. Loïc m’a proposé de m’aider pour mon schéma électrique et je vais d’ailleurs installer mon système électrique sous sa surveillance la semaine prochaine. En fait, et cela devrait en intéresser plus d’un, Loïc sortira dans quelques mois un site Internet dédié à l’aménagement de vans, avec une partie détaillée et super fiable sur l’électricité. Vous y retrouverez d’ailleurs mon camion en étude de cas. Le site s’appellera La Route libre.

Comme je viens de l’évoquer, le camion n’est toujours pas terminé. C’est le problème de la gestion du temps. J’ai l’impression qu’en règle général, on est toujours très très optimiste quand on prévoit le temps prévu pour l’aménagement. Il y a toujours des tâches qu’on n’a pas comptées, des imprévus qui surgissent, etc. Ceci dit, j’arrive bel et bien vers la fin. Le camion est désormais largement habitable, et il le sera d’autant plus une fois l’électricité posée, très bientôt. Dans ce qu’il me reste à faire, il y a encore pas mal de chose. Je prévois de m’en occuper petit à petit, avec en priorité la pose de l’aération basse pour ma sécurité. Quant à l’homologation, j’ai décidé de ne pas m’en soucier pour le moment. Eh oui ! J’ai revu à la baisse cette exigence tout simplement parce que ça me mettait une pression en plus pour le CT, que je devais passer à la fin de l’année. Cela ne veut pas dire que je n’essaie pas de respecter les critères de la DREAL, cela veut simplement dire que j’ai repassé le CT il y a quelques semaines avant de poser ma cuisine. J’ai donc plus de temps pour m’en occuper, ajuster l’aménagement (gaz), faire le dossier et passer les contrôles. Au pire, il y a toujours la possibilité de démonter ma cuisine et/ou ma future table. C’est plutôt pas mal, je crois, de dédramatiser un peu la chose.

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Je me rappelle du tout début, quand je me suis prise de passion pour les tiny houses. Je voyais des reportages sur les premiers autoconstructeurs et je me disais « C’est bien gentil tout ça, mais quand tu n’as pas de famille ou d’amis qui puissent t’aider, comment tu fais ?  C’est chaud quand même… » Je ne pouvais pas bricoler chez ma mère, ni chez mon père, je n’avais personne dans mon entourage qui puisse m’apprendre les rudiments du travail du bois. Pourtant, en relativement très peu de temps, j’ai rencontré un pro de l’aménagement, trois bricoleurs qui m’ont guidée et acceptée dans leur atelier et un formateur avec qui je vais m’occuper de l’électricité alors que c’était la partie même que je redoutais le plus. Franchement on me l’aurait dit, je n’y aurais pas cru. Il aura finalement suffi de laisser Pinterest de côté pour plonger dans la réalité, et d’aller vers ces personnes généreuses prêtes à aider. Ils sont plus nombreux qu’on le croit. Et si vraiment il n’y a personne alors que vous débutez, il y a toujours la possibilité de réaliser un aménagement bien plus simple que le mien, de l’améliorer au fil du temps. J’ai beau avoir été en contact avec des manuels pur et dur, des professionnels du bois, je me dis qu’au final, tant que la sécurité est respectée, tant dans l’utilisation des outils que dans la solidité de la construction ou dans l’aménagement final, il n’y a PAS de règle. Seulement des choix. Cela ne veut clairement pas dire qu’il n’y aura pas d’imprévus ni de coups durs, mais avec beaucoup de travail et de ténacité, votre rêve peut bel et bien devenir réalité.

À toutes les nanas qui doutent d’elles-mêmes et qui se croient moins douées que les mecs, voire incapables, seulement parce qu’elles n’ont pas été sensibilisées au travail manuel ou qu’elles n’ont tout simplement pas le savoir-faire : dites-vous bien que ces histoires de prédispositions au bricolage liées au chromosome Y, c’est des bêtises. Oui vous allez peut-être avoir besoin d’aide, de supervision. Mais comme toute personne qui débute dans quoi que ce soit ou qui chamboule sa vie ! En bref, homme ou femme, si tu veux VRAIMENT le faire, tu PEUX le faire. Et franchement, quelle fierté.

Merci encore à toutes ces personnes qui m’ont aidée à aller jusqu’au bout, merci à Luce et PF de m’avoir fait confiance, et merci à vous de m’avoir lue.

Toutes les photos ont été prises par Émilie <3

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